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ORDRE DU MOUVEMENT.
Beaumont, 14th Juin, 1815.
Demain, le 15, à deux heures et demie du matin, la division de cavalerie légère du général Vandamme montera à cheval, et se portera sur la route de Charleroi: elle enverra des partis dans toutes les directions, pour éclairer le pays, et enlever les postes ennemis; mais chacun de ces partis sera au moins de cinquante hommes. Avant de mettre en marche la division, le général Vandamme s’assurera qu’elle est pourvue de cartouches.
A la même heure, le lieutenant général Pajol réunira le premier corps de cavalerie, et suivra la mouvement de la division du général Domont, qui sera sous les ordres du général Pajol. Les divisions du premier corps de cavalerie ne fourniront point de détachemens; ils seront pris dans la troisième division Le général Domont laissera sa batterie d’artillerie, pour marcher après le premier bataillon du troisième corps d’infanterie. Le lieutenant général Vandamme lui donnera des ordres en conséquence.
Le lieutenant général Vandamme fera battre la diane à deux heures et demie du matin; à trois heures il mettra en marche son corps d’armée, et le dirigera sur Charleroi: la totalité de ses bagages et embarras seront parqués en arrière, et ne se mettront en marche qu’après que le sixième corps et la garde impériale auront passé; ils seront sous les ordres du vaguemestre général, qui les réunira à ceux du sixième corps de la garde impériale et du grand quartier général, et leur donnera des ordres de mouvement.
Chaque division du troisième corps d’armée aura avec elle sa batterie et ses ambulances; toute autre voiture qui serait dans les rangs sera brûlée.
M. le comte de Lobau fera battre la diane à trois heures et demie, et il mettra en marche le sixième corps d’armée à quatre heures, pour suivre le mouvement du général Vandamme, et l’appuyer ; il fera observer le mène ordre de marche pour les troupes, l’artillerie, les ambulances, et les bagages, qui est prescrit au troisième corps.
Les bagages du sixième corps seront réunis à ceux du troisième, sous les ordres du vaguemestre général, ainsi qu’il est dit.
La jeune garde battra la diane à quatre heures et demie, et se mettra en marche à cinq heures ; elle suivra le mouvement du sixième corps sur la route de Charleroi.
Les chasseurs à pied de la garde battront la diane à cinq heures, et se mettront en marche à cinq heures et demie, pour suivre le mouvement de la jeune garde.
Les grenadiers à pied de la garde battront la diane à cinq heures et demie, et partiront à six heures, pour suivre le mouvement des chasseurs à pied, Le même ordre de marche, pour l’artillerie, les ambulances, et les bagages, prescrit pour le troisième corps d’infanterie, sera observé dans la garde impériale.
Les bagages de la garde seront réunis à ceux des troisième et sixième corps d’armée, sous les ordres du vaguemestre général, qui les fera mettre en mouvement.
M. le maréchal Grouchy fera monter à
cheval, à cinq heures et demie du matin, celui des trois autres
corps de cavalerie qui sera le plus près de la route, et lui fera
suivre le mouvement sur Charleroi. Les deux autres corps partiront
successivement à une heure d’intervalle l’un de l’autre; mais
M. le maréchal Grouchy aura soin de faire marcher le cavalerie sur
les chemins latéraux de la route principale que la colonne d’infanterie
suivra, afin d’éviter l’encombrement;
et aussi pour que sa cavalerie observe un meilleur ordre. Il prescrira
que la totalité des bagages restent en arrière, parqués
et réunis jusqu’au moment oÿ le vaguemestre général
leur donnera l’ordre d’avancer.
M. le comte Reille fera battre la diane à deux heures et demie du matin, et il mettra en marche le deuxième corps à trois heures il le dirigera sur Marchiennes-au-Pont, où il fera en sorte d’être rendu avant neuf heures du matin; il fera garder tous les ponts de la Sambre, afin que personne ne passe. Les postes qu’il laissera seront successivement relevés par le premier corps; mais il doit tâeher de prévenir l’ennemi à ces ponts pour qu’ils ne soient pas détruits, surtout celui de Marchiennes, par lequel il sera probablement dans le cas de déboucher, et qu’il faudrait faire aussitôt réparer, s’il avait été endommagé.
A Thuin et à Marchiennes, ainsi que dans tous les villages sur sa route, M. le comte Reille interrogera les habitans, afin d’avoir ales nouvelles des positions et forces des armées enuenties; il fera aussi prendre les lettres clans les bureauy de poste, et les dépouillera, pour faire parvenir aussitôt à l’empereur les renseiguemens qu’il aura obtenus.
M. lei comte d’Erlon mettra en marche le premier corps à trois heures du matin, et il le dirigera quasi sur Charleroi, en suivant le mouvement du deuxiéme corps, duquel il gagnera la gauche le plutôt possible, pour le soutenir et l’appuyer au besoin. Il tiendra une brigade de cavalerie en arrière, pour se coursir et pour maintenir par de petits détachemens, ses communications avec Maubeuge; il enverra des partis en avant de cette place, dans les directions de Mons et de Binch, jusqa’à la frontière, pour avoir des nouvelles des ennemis, et en rendre compte aussitôt. Ces partis auront soin de ne pas se compromettre et de ne point dépasser la frontière.
M. le comte d’Erlon fera occuper Thuin par une division; et si le pont de cette ville était détruit, il le ferait aussitôt réparer, en même temps qu’il fera tracer et exécuter immiatement une tête de pont sur la rive gauche. La division qui sera à Thuin gardera aussi le pont de l’abbaye d’Alnes où M. le comte d’Erlon fera également construire une tête de pont, sur la rive gauche.
Le même ordre de marche prescrit pour le troisième corps, pour l’artillerie, les ambulances et le bagages, sera observé aux deuxième et premier corps, qui feront réunir leurs bagages, et marcher à 1a gauche du premier corps, sous les ordres du vaguemestre le plus ancien.
Le quatrième corps (armée de la Moselle) reçu ordre de prendre aujourd’hui position en avant de Philippeville: si son mouvement est opéré, et si les divisions qui composent ce corps d’armée sont réunies, M. le lieutenant général Gérard les mettra en marche demain, à trois heures du matin, et les dirigera sur Charleroi *;
* Le général Gérard reçut plus tard un nouvel ordre qui lui prescrivit de passer, avec son corps, la Sambre au Châtelet.
il aura soin de se tenir à hauteur du troisième corps, avec lequel il communiquera, afin d’arriver à peu près en même temps devant Charleroi. Mais le général Gérard fera éclairer sa droite et tous les debouchés qui vont sur Namur; il marchera serré en ordre de bataille, fera lasser à Philippeville tous ses bagages et enbarras, afin que son corps d’armée, se trouvant plus léger, soit plus à même de manœuvrer.
Le général Gérard donnera ordre à la quatorzième division de cavalerie qui a dû arriver aujourd’hui à Philippeville, de suivre le mouvement de sonu corps d’armée sur Charleroi, où cette division joindra le quatrième corps de cavalerie.
Les lieuteuans généraux Reille, Vandamme, Gérard, et Pajol, se mettront en communication par de frélquens partis, et ils régleront leur marche de mantière à arriver en masse et ensemble devant Charleroi: ils mettront, autant que possible, à l’avant-garde, les officiers qui parlent flamand, pour interroger les habitans et en prendre des rensiegnemens; mais ces officiers s’annonceront comme commandans de partis; sans dire que l’armée est en arriere.
Les lieuteuans généraux Reille, Vandamme, et Gérard, feront marcher tous les sapeurs de leur corps d’armée (ayant avec eux des moyens pour réparer les ponts), après le premier régiment d’infanterie légère, et ils donneront ordre aux officiers du génie de faire réparer les mauvais passages, ouvrir des communications latérales, et placer des ponts sur les courans d’eau où l’infanterie devrait se mouiller pour les franchir.
Les marins, les sapeurs de la garde, et les sapeurs de la réserve, marcheront après le premier régiment du troisième corps; les lieutenans généraux Rogniat et Haxo seront à leur tête: ils n’amèneront avec eux que deux ou trois voitures: le surplus du parc du génie marchera à la gauche du troisième corps. Si on rencontre l’ennemi, ces troupes ne seront point engagées, mais les généraux Rogniat et Haxo les emploieront aux travaux de passages de rivière, de têtes de pont, de réparations de chemin, et d’ouvertures de communication, etc. La cavalerie de la garde suivra le mouvement sur Charleroi, et partira à huit heures.
L’empereur sera à l’avant-garde sur la route de Charleroi. M.M. les lieutrnans généraux auront soin d’envoyer à sa majesté de fréquens rapports sur leurs mouvemens et les renseignemens qu’ils auront recueillis; ils sont prévenus que l’intention de sa majesté est d’avoir passé la Sambre avant midi, et de porter l’armée à la rive gauche de cette rivière.
L’equipage des ponts sera divisé en deux sections: la première section se subdivisera en trois parties, chacune de cinq pontons et cinq bateaux d’avant-garde, pour jeter trois ponts sur le Sambre; il y aura à chacune de ces subdivisions une compagnie de pontonniers; la première section marchera à le suite du parc du génie, après le troisième corps.
La deuxiéme section restera avec le pare de réserve d’artillerie, à la colonne des bagages; elle aura avec elle la quatrième compagnie de pontonniers; les équipages de l’empereur, et les bagages du grand quartier général seront réunis, et se mettront en marche à dix heures. Aussitôt qu’ils seront passés, le vaguemestre général fera partir les équipages de la garde impériale, du troisième corps, et du sixième corps; en même temps il enverra ordre à la colonne d’equipages de 1a réserve de la cavalerie, de se mettre en marche, et de suivre le direction que la cavalerie aura prise. Les ambulances de l’armée suivront le quartier général, et marcheront à la tête. des bagages; mais, dans aucun cas, ces bagages, ainsi que les parcs de réserve de l’artillerie, et la deuxième section de l’équipage de ponts, ne s’approcherout à plus de trois lieues de l’armée, à moins d’ordre du major général, et ils ne passeront la Sambre, aussi, que par ordre.
Le vaguemestre général formera les divisions de ces bagages, et il y mettra des officiers pour les commander, afin de pouvoir en détacher ce qui sera ensuite appelé au quartier général, ou pour le service des officiers.
L’intendant général fers réunir à cette colonne d’équipages la totalité des bagages et transports de l’administration, auxquels il sera assigné un rang dans la colonne. Les voitures qui seront en retard prendront la gauche, et ne pourront sortir du rang qui leur sera donné que par ordre du vaguemestre général.
L’empereur ordonne que toutes les voitures d’équipages qui seront, trouvées dans les colonnes d’infanterie, de cavalerie, ou d’artillerie, soient brûlées, ainsi que les voitures de la colonne des équipages qui quitteront leur rang, et intervertirout leur marche, sans la permission expresse du vaguemestre général.
A cet effet, il sera mis un détachement de cinquante gendarmes à la disposition du vaguemestre général, qui est responsable, ainsi due tous les officiers de la gendarmerie et les gendarmes, de l’exécution de ces dispositions, desquelles le succès de la campagne peut dépendre.
Par ordre de l’empereur,
Le maréchal d’empire, major général,
(Signé) LE
DUC DE DALMATIE.